L’exercice libéral en maison de santé pluriprofessionnelle

L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite et, surtout, la Nouvelle Loi de Santé portée par Marisol Tourraine vont profondément modifier l’exercice libéral des professions de santé et de soins.
Ainsi l’obligation d’accessibilité des cabinets pour 2015 et les économies drastiques espérées en matière de santé favorisent le regroupement des professionnels en Maison de Santé Pluri-professionnelle (MSP).
Plus qu’un cabinet de groupe, la MSP recentre la prise en charge sur le patient et son parcours de soin en stimulant la pluri-professionnalité. Les professionnels y exerçant travaillent donc en équipe, sur la prise en charge globale et coordonnée des patients, dans le respect du projet de santé de la MSP dont ils sont tous signataires.

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Qui dit « prise en charge coordonnée » dit « lien Ville-Structure de soins favorisé », l’objectif étant bien sûr d’améliorer la prise en charge des patients mais aussi de realiser des économies en organisant le parcours du patient, en évitant les consultations inutiles aux urgences, les hospitalisations ou en raccourcissant les séjours en structure s’il n’y a pas d’intérêt médical à les poursuivre.
La MSP constitue, avant tout, le premier recours et a pour socle fondateur au minimum 2 médecins généralistes et 1 paramédical. À partir de cette base, elle peut accueillir tous les professionnels de santé et de soins qui le souhaitent, même des médecins spécialistes qui constituent plutôt le second recours. Le tout est que chaque professionnel trouve sa place dans le projet de santé de la MSP (projet rédigé et signé par toute l’équipe), et prenne les engagements qui vont de pair.
Si elle répond au cahier des charges établi par l’ARS (accessibilité aux personnes à mobilité réduite, horaires d’ouverture larges, plages de consultation d’urgence notamment pour les médecins généralistes, système d’informations partagées, réunions de coordination régulières…), la MSP ou plutôt la SISA (structure juridique au sein de la MSP) pourra percevoir des Nouveaux Modes de Rémunération (NMR). Ces NMR représentent une enveloppe budgétaire supplémentaire donnée à l’équipe pour rémunérer les réunions de coordination (sorte de staffs pluri-professionnels auxquels les professionnels concernés par le patient assistent), éventuellement un poste de coordinateur, des actions de prévention et/ou d’éducation auprès des patients de la MSP.

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Il est évident qu’en tant que professionnel médical, appartenant au premier recours, et depuis longtemps axée sur la prise en charge globale, la sage-femme a toute sa place au sein des MSP.
Elle peut non seulement apporter toute son expertise auprès des femmes et des jeunes enfants mais aussi être moteur/promoteur de la MSP et appartenir à la SISA donc décider avec l’équipe de la répartition et de l’utilisation des NMR.
L’appartenance à la MSP permet une meilleure visibilité des sages-femmes, facilite les échanges avec les structures de soins environnantes et ainsi améliore non seulement l’activité mais aussi la qualité du travail des sages-femmes libérales auprès des patientes et de leur famille.

Nathalie Charbonnier, sage-femme

Promoteur d’une MSP a Corbeil-Essonnes (91)
Co-fondatrice de l’association Espace Vie
Responsable de la commission professionnelle sage-Femme à la FFMPS (Fédération Française des Maisons et Pôles de Santé)

Pour plus d’information : nathalie.charbonnier@espacevie.fr